Simulateur d’épargne

Combien faut-il pour vivre de ses rentes ?

La règle de départ est arithmétique et tient en une ligne : multipliez par 25 les dépenses annuelles que votre capital doit couvrir. Pour 2 000 € par mois, soit 24 000 € par an, il faut viser 600 000 €. Pour 3 000 € par mois, 900 000 €. Ce facteur 25 correspond à un retrait de 4 % par an, seuil issu d’études américaines sur la capacité d’un portefeuille à durer trente ans sans s’épuiser.

Enveloppe

Avant 5 ans : flat tax de 31,4 %. À partir de 5 ans : prélèvements sociaux de 18,6 % seulement.

Capital de départ
€
Versement mensuel
€
Revalorisation du versement
%
Rendement annuel espéré
%
Durée du placement
ans
Frais annuels
%
Inflation
%
Ce qu’il vous reste après 25 ans397 595 €

soit242 346 €en euros d’aujourd’hui

Versements150 000 €
Plus-value304 171 €
Frais28 698 €
Impôt à la sortie56 576 €

Vous repassez au-dessus de vos versements dès l’année 1.

Les versements sur un PEA sont plafonnés à 150 000 €. 254 364 € de vos versements n’ont donc pas pu être placés ici. La simulation ne les réoriente nulle part ailleurs.

  • Versements150 000 €
  • Plus-value304 171 €

Détail année par année

Cette simulation est un outil de comparaison, pas un conseil. Elle suppose un rendement régulier chaque année, ce qu’aucun placement ne fait vraiment, et un retrait unique de la totalité à l’échéance.

La règle des 4 %, ses limites et le taux d’épargne

Le simulateur ci-dessous ne calcule pas la rente : il calcule le chemin. Fixez votre effort d’épargne mensuel et votre rendement, puis faites glisser la durée jusqu’à ce que le chiffre principal atteigne votre objectif. C’est cette durée-là qui répond vraiment à la question — non pas « combien ? », mais « dans combien de temps ? ».

Un point de méthode important : regardez la ligne « en euros d’aujourd’hui », pas le chiffre du dessus. Votre objectif de 600 000 € est exprimé au pouvoir d’achat actuel, il doit donc être comparé à une valeur exprimée de la même façon. Atteindre 600 000 € nominaux dans vingt-cinq ans avec 2 % d’inflation ne vous procure en réalité que l’équivalent de 366 000 € — soit environ 1 200 € par mois, pas 2 000 €. C’est l’erreur la plus fréquente et la plus coûteuse sur ce sujet.

La règle des 4 % elle-même mérite d’être relativisée. Elle provient de travaux portant sur un portefeuille américain composé d’actions et d’obligations, sur des périodes de trente ans, avec une fiscalité et des frais qui ne sont pas les nôtres. Une retraite de quarante ou cinquante ans commande un taux de retrait plus prudent, de l’ordre de 3 à 3,5 %, ce qui fait passer le multiplicateur de 25 à 30. En France, l’impôt et les prélèvements sociaux sur les retraits creusent encore l’écart : le capital à constituer est en pratique supérieur à ce que donne le calcul brut.

Le taux d’épargne pèse par ailleurs bien plus lourd que le rendement, et c’est une bonne nouvelle : c’est la variable sur laquelle vous avez prise. Quelqu’un qui épargne la moitié de ses revenus atteint l’indépendance financière en une quinzaine d’années, quel que soit le marché. Quelqu’un qui en épargne un dixième y mettra plus de quarante ans, même avec un excellent rendement. Faites l’essai : doublez le versement mensuel, puis, séparément, ajoutez deux points de rendement. Le premier levier gagne largement.

Enfin, l’indépendance financière n’est pas un interrupteur. La plupart de ceux qui s’en approchent constatent que le seuil se déplace : un revenu d’appoint, une activité choisie, un rythme différent suffisent souvent à rendre le chiffre de départ inutilement élevé. Voyez cette page comme un ordre de grandeur et une direction, pas comme une ligne d’arrivée à franchir.

Combien de temps peut-on vivre avec un capital donné ?

La question se pose aussi dans l’autre sens : non pas « combien faut-il », mais « combien de temps tiendra ce que j’ai ». Le tableau ci-dessous lit la même arithmétique à l’envers. Chaque case donne le nombre d’années pendant lesquelles un capital supporte un retrait mensuel donné, le retrait étant prélevé en début de mois.

Le rendement retenu est un rendement réel et net : après frais, après impôt, et après inflation. C’est pour cela qu’il est bas comparé aux rendements affichés par les supports — un portefeuille qui rapporte 6 % brut avec 2 % d’inflation et des frais ne laisse pas 6 % de pouvoir d’achat. Les montants du tableau sont donc en euros d’aujourd’hui, et le restent sur toute la durée.

Années avant épuisement du capital, pour un rendement réel net de 2 % par an.
Capital1 000 € / mois1 500 € / mois2 000 € / mois2 500 € / mois
100 000 €9 ans5 ans4 ans3 ans
200 000 €20 ans12 ans9 ans7 ans
300 000 €34 ans20 ans14 ans11 ans
500 000 €plus de 60 ans40 ans26 ans20 ans

Rendement réel net retenu : 2 % par an, après frais, impôt et inflation.

Ce tableau suppose un rendement réel constant, ce que les marchés ne font jamais. L’ordre des années compte énormément quand on retire en même temps : une mauvaise première décennie épuise un capital que la même décennie, survenue à la fin, aurait laissé intact. C’est le risque de séquence des rendements, et aucune moyenne ne le capture. Lisez ces durées comme un ordre de grandeur central, jamais comme une garantie — et prévoyez une marge plutôt que de viser la case exacte.

Questions fréquentes

Combien de temps peut-on vivre avec 300 000 € ?
Environ trente-quatre ans en retirant 1 000 € par mois, vingt ans à 1 500 €, quatorze ans à 2 000 € — avec un rendement réel net de 2 % par an, c’est-à-dire après frais, impôt et inflation. Le tableau ci-dessus donne les autres combinaisons. Retenez surtout la forme de la courbe : passer de 1 000 à 2 000 € par mois ne divise pas la durée par deux, il la divise par bien plus, parce que le capital a moins de temps pour travailler avant d’être consommé.
Et avec 100 000 €, 200 000 € ou 500 000 € ?
À 1 000 € de retrait mensuel et 2 % de rendement réel : neuf ans pour 100 000 €, vingt ans pour 200 000 €, plus de soixante ans pour 500 000 €. Le saut entre les deux derniers n’est pas une erreur : à ce niveau de retrait, 500 000 € produisent presque assez d’intérêts réels pour se renouveler, et le capital cesse de fondre. C’est exactement le seuil que la règle des 4 % cherche à nommer.
Quel retrait mensuel un capital supporte-t-il sans s’épuiser ?
À 2 % de rendement réel net, un capital soutient indéfiniment un retrait mensuel d’environ 0,165 % de sa valeur — soit à peu près 165 € par tranche de 100 000 €. C’est nettement moins que la règle des 4 % ne le laisse croire, et l’écart tient entièrement à ce que « rendement » veut dire : 4 % est un taux de retrait calibré sur un portefeuille américain actions-obligations avant impôt français, 2 % est ce qu’il reste une fois les frais, l’impôt et l’inflation payés. Si votre portefeuille fait mieux que 2 % réels, tant mieux ; ne le présupposez pas.
Quel capital faut-il pour vivre de ses rentes ?
Environ 25 fois vos dépenses annuelles selon la règle des 4 %, soit 600 000 € pour 2 000 € par mois et 900 000 € pour 3 000 € par mois. En tenant compte de la fiscalité française sur les retraits et d’un horizon long, viser 30 fois vos dépenses annuelles constitue une cible plus réaliste.
La règle des 4 % est-elle fiable ?
Elle donne un bon ordre de grandeur, pas une garantie. Elle repose sur des données américaines, un portefeuille mixte actions-obligations et un horizon de trente ans. Pour une retraite plus longue, ou dans un contexte de rendements plus faibles, un taux de retrait de 3 à 3,5 % est nettement plus prudent.
Faut-il raisonner en euros d’aujourd’hui ou en euros futurs ?
En euros d’aujourd’hui, toujours, puisque votre objectif de dépenses est exprimé ainsi. C’est ce que donne la ligne située juste sous le chiffre principal du simulateur. Comparer un objectif exprimé au pouvoir d’achat actuel à un capital futur exprimé en euros courants conduit à surestimer largement le résultat.
Combien de temps faut-il pour y arriver ?
Cela dépend presque entièrement de votre taux d’épargne. En épargnant 10 % de vos revenus, comptez plus de quarante ans ; à 25 %, environ trente ans ; à 50 %, une quinzaine d’années. Le rendement joue un rôle réel mais secondaire face à cette variable.
Quelle enveloppe pour constituer ce capital ?
Le PEA pour la partie actions, jusqu’à son plafond de 150 000 € de versements ; l’assurance-vie au-delà, pour sa souplesse de retrait et son abattement annuel ; un livret pour la réserve de précaution. Le PER peut compléter l’ensemble si votre tranche d’imposition actuelle est élevée, à condition d’accepter le blocage des fonds.

Qui écrit ces pages

Rédigé par Damien Yvert, qui édite ce site à titre personnel et non professionnel. Les règles fiscales et les taux employés sur cette page ont été confrontés aux textes en vigueur le 12 septembre 2026. Ils évoluent, et une erreur reste possible : signalez-la par l’adresse des mentions légales, elle sera corrigée.